Lorsque le bois déchante
Et que tombent les feuilles
J'attends, l'heure éblouissante
Où le soleil viendra cacher sa nudité.
De ma main caressante
Je parcoure le sentier
Où je viens apaiser
Mon âme délirante
Qui voudrait tant aimer.
Et le brouillard violet
De garder pour lui seul
Mon île saint Aubin.
Elle, peu à peu s'efface
De l'été elle est lasse,
La voilà qui se laisse sa peau verte enlacer
Pour connaître l'ivresse
De l'amour retrouvé.
Un dernier regard vain,
Puisque pour de longs mois
Elle sera submergée.
Que le ressouvenir du printemps
Revienne à ma mémoire,
J’ai le secret espoir
De pouvoir te revoir.
Mais en aurai-je le temps ?
Mon île saint Aubin
Tu es ancrée en moi,
S’écoulent les jours amers
Et avec eux l'hiver.
Je suis là je t'attends
Comme un fidèle amant.