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GIS... SES MOTS
Poèmes de Gislaine
Jamais, vous ne pourrez, aussi bien que vous les lisiez, remplacer la voix de GIS quand elle récite ces poèmes dans un concert musical.
Si vous aimez le vin Je me ferai raisin, Le plus doux, le plus sucré Celui des meilleurs cépages Celui qui reste sans âge. Si vous aimez le pain, Moi, je me ferai blé Celui dont la farine Et si douce et si fine Qu’en glissant dans vos mains Elle vous donnera faim. Si vous vous faites désert Moi, je me ferai île Juste pour vous nourrir Je serai terre fertile Comme j’en serai fière. Si vous souhaitez le silence Je me ferai absence. Si vous souhaitez ma présence Je marcherai sur vos traces Je serai de la race De celles qui disent l’amour, Sans faire de détour, Dans la folie et dans l’envie Dans la sagesse et la démence Dans la raison et la déraison Dans la pensée et dans l’oubli Dans la chaleur et la froidure Dans le baiser et la morsure Dans la tornade et la clémence. revenir au début
L'homme de cinquante ans A des nuits d'insomnie, Il rêve de sa jeunesse A ses amours perdus Celles qu'il aurait voulu Celles qui n'ont jamais su. Souvent il se surprend A se dire à voix basse Si seulement j'avais pu Mais voilà le temps passe Le cœur se met en glace Il espère l'imprévu Qui sait une inconnue! Sa femme à ces côtés Un air désabusé se dit "Ca va passer" Mais c'est le temps qui passe. Parfois pour animer la maison qui s'éteint L'orage vient briser Le lourd silence des murs La tempête fait rage Chacun prend son étage Elle revoit les images De leur vie si commune Lui s'invente une histoire qu'il raconte à la lune. Ils ne savent plus se donner Et encore moins s'aimer. Ils ont cette tendresse Qu'apportent les années Mais n'ont plus cette ivresse Qu'ils voudraient retrouver. Dans la chambre à coucher Les meubles pourraient dire Ce qu'ils ont eu de rire En faisant leurs enfants. Mais le temps passe Ils sont déjà si grands. Que manque t-il à l'âme Pour raviver la flamme Pour attiser le feu Qui s'ennuie peu à peu ? Il voudrait de sa vie changer tout le décor Apprendre à dessiner l'esquisse d'un nouveau corps Mais le temps passe! Son cœur s'emmure. revenir au début
Envie de vous Écrire en prose. Envie de vous Cueillir des roses. Envie de vous Parler tendresse. Envie de vous Dire des mots doux. Envie de vous Baiser le cou. Envie de vous Faire cette caresse. Envie de vous Boire en ivresse. Envie de vous Donner le feu Envie de vous Dire je te veux. revenir au début
Fragilité ! Cet amour suspendu au fil de l'interdit ! Fragilité ! Quant à voix basse je te dirai oui ! Fragilité Quand ta bouche embrassera ma vie ! Fougue ! Cet élan qui m'emporte vers toi ! Fougue ! L'océan de tes yeux que je bois ! Fougue ! Ce désir intense de la douceur de tes bras ! Fusion ! Le prochain baiser espéré attendu ! Fusion ! Ce désir dit sans retenue ! Fusion ! Cette communion d'aimer ce que nous partageons ! Fragilité, fougue, fusion ! Cette envie d'aller vers l'horizon ! Le frissonnement de nos corps ! De l'amour trouvant le port ! Fragilité, fougue, fusion ! Et puis ne rien se promettre ! Mais tout compromettre ! Fragilité, fougue, fusion ! S'offrir une grande fête ! Sur l'hôtel de l'amour ! Un jour, deux jours, des jours... Fragilité, fougue, fusion ! J'enlèverai ma guimpe Et sous les yeux d'olympe Frissonnante de peur je me donnerai à toi... revenir au début
Ce soir le soleil épuisé s'endort, Pas un nuage, pas un souffle d'air. Le temps aussi pesant qu'hier. Un homme a mauvaise mine, Un homme crie famine, Le visage aussi pâle Que l'aurore boréale. Ce soir, le ciel se grise, Le voilà même qui pleure ; Quel est donc son malheur ? Pour qu'il se fragilise. L'homme voudrait vivre ailleurs, Retrouver reconnaître ses couleurs. L'homme tu te sens étranger Tu trouves ton monde imparfait. Ce soir, je te vois à bout, Ce soir, je te sens au bout Tu me l'avoues sans mot dire. Ce soir homme tu es funambule. Tu déambules dans ta bulle. Dis-moi que tu vas réapprendre le sourire ? revenir au début
Sournoisement il entre en elle Pour lui annoncer sa défaite A ton bonheur je vais couper la tête Tu vas enfin pouvoir souffrir ma belle ! Je vais te prendre, te posséder Plus jamais tu ne pourras m'oublier Je vais te faire subir l'injure Et tu seras parjure. Je vais t'apprendre les nuits de veilles Même si tu n'es pas encore vieille Tu vas connaître le jeûne Toi qui n'es plus toute jeune Je vais me distiller en toi Comme un goutte à goutte Crois-moi Je t'aurai coûte que coûte Tu ne feras plus rien sans moi Je serai le chat Tu seras ma souris Tu seras ma proie Et moi ton trépas De ta substance te déposséder Je serai ton errance acharnée Je vais te décharner Je vais aussi t'humilier Tu vas me supplier Pour me faire abdiquer Mon cher, mon très cher être Je suis ton Mal-être Il ne te reste qu'un seul recours Celui de crier à l'amour Pour que de toi je fasse le contour ! Pour m'en aller ailleurs faire le vautour. Mais qui entend ta voix ? Qui, ici même te voit ? Hurle à la mort Pour montrer que tu vis encore. revenir au début
J'ai mis mon cœur en partance, Mon corps dans un manteau de brume, Avalé le flacon d'amertume Qu'en partant tu m'as laissée. Et j'ai pleuré. Je me suis couchée sur un lit d'infortune Mon compagnon fut le silence. Mon cœur si las de se battre S'est mis enfin à se débattre. Et j'ai pleuré. Je me suis effacée comme la lune Pour que tu retrouves la lumière De toi tu peux être fier Avec tes mots tu m'as battue Et me voilà devant toi vaincue. Laisse moi pleurer. Ne me regarde pas, fais comme si je n'étais pas. Je vais sur mon chemin le regard incertain. Vas t-en suivre le tien. Je sais que l'amour n'existe pas Ou bien qu'on me le prouve et le pose dans mes mains. Laisses moi pleurer. revenir au début
Lorsque le bois déchante Et que tombent les feuilles J'attends, l'heure éblouissante Où le soleil viendra cacher sa nudité. De ma main caressante Je parcoure le sentier Où je viens apaiser Mon âme délirante Qui voudrait tant aimer. Et le brouillard violet De garder pour lui seul Mon île saint Aubin. Elle, peu à peu s'efface De l'été elle est lasse, La voilà qui se laisse sa peau verte enlacer Pour connaître l'ivresse De l'amour retrouvé. Un dernier regard vain, Puisque pour de longs mois Elle sera submergée. Que le ressouvenir du printemps Revienne à ma mémoire, J’ai le secret espoir De pouvoir te revoir. Mais en aurai-je le temps ? Mon île saint Aubin Tu es ancrée en moi, S’écoulent les jours amers Et avec eux l'hiver. Je suis là je t'attends Comme un fidèle amant. revenir au début
Longtemps je n’ai fait que taire Mes douleurs goût amer Je les ai baptisées d’un drôle de nom Qu’on manie avec précaution, Enfance, souffrance Aujourd’hui je te l’affirme D’elle je suis restée infirme La vie dès ma naissance M’a fait la guerre Et je l’ai tuée pour ne pas déplaire Longtemps je n’ai fait que taire Mes douleurs goût amer Je les ai baptisées d’un drôle de nom Qu’on manie avec précaution Enfance, souffrance On m’a volé dès ma naissance Ce que l’on nomme l’insouciance Moi, je me suis habillée D’un long manteau en peau de chagrin Longtemps je n’ai fait que taire Mes douleurs goût amer Je les ai baptisées d’un drôle de nom Qu’on manie avec précaution, Enfance, souffrance Ce sera un jour très ordinaire Celui ou je vais me rencontrer Je crois même que ce sera un matin Le jour ou je vais me prendre par la main Je vais arrêter de taire Mes douleurs goût amer Celles que j’ai baptisées d’un drôle de nom Que je manie avec précaution, Suis pas en mesure de me confier Mais je sais bien t’écouter Avec toi je veux partager Des mots qu’on manie avec précaution. Tu es le double de mon cœur Tu es mon enfant petite sœur Tu fais partie de ces bonheurs Que l’on manie avec précaution. revenir au début
Il était là, devant elle, Ses cheveux offerts au vent. Il était de la race des rois, Celui qui saurait lui dicter En amour, ses règles, ses lois. Il marchait d’un pas lent, Vers elle se dirigeant. Lorsqu’il fût près d’elle, Lentement, lentement Il posa sa main sur son visage. Depuis longtemps image Femme elle se réveillait, Tout son être tremblait, Ses sens s’éveillaient. Avec la légèreté d’une brise d’été Il effleura ses seins Qui déjà réclamaient. Il lui prit la main. Elle, se laissa mener sur le chemin. Doucement, il lui dit : « Viens, viens apprendre mon corps et je prendrai le tien ». Dans un souffle haletant Elle ne sut que dire oui. Sans aucune pudeur, ni même un interdit, Elle caressa cet homme qui devenait amant. Ses mains lui murmurant, Attend, prenons le temps Laisse moi te conter Comment je vais t’aimer. Elle ondulait sur lui L’effleurant, le frôlant, le touchant, Et même se frottant Comme chatte affamée. Bouche contre bouche, Doigts entremêles, Jambes nouées, Sexe contre sexe. Enfin ils allaient se donner. Elle, assoiffée, S’en alla vers le puits, Elle, dans son insistance. Lui , sans aucune résistance Il se laissa aller A lui donner à boire Ce qu’elle réclamait. Il inonda sa bouche. On aurait pu croire Que prendrait fin l’histoire. Pourtant ce fut le commencement, D’un autre acte d’amour. Elle, dans ses dentelles Se sentait presque belle. Les yeux fermés, Il explorait le corps de cette femme Qui retrouvait son âme ; Il baisa ses seins Qui, durcis par les lèvres En quémandaient encore. Elle ressentait l’émoi d’une jeune vierge. Il était le félin Elle, plus maîtresse de son destin. Sa bouche vint s’égarer Dans le secret de son intimité. Elle cambra ses reins Pour mieux lui dire « viens ». Il ne fût que douceur Et fou Devint son cœur Lorsqu’il vint s’abreuver A cette source parfumée. C’est dans un cri d’amour Qu’en elle il pénétra. Ses jambes jusqu’alors écartées Autour des siennes s’agrippaient. Elle en redemanda Affamée qu’elle était. Quelle délicieuse démence, Que de se faire jouir, jouir, jouir, Sans aucune pudeur, ni même un interdit. Et quelle délicatesse Que d’offrir en promesse Une autre fois encore Sans aucune pudeur, ni même un interdit. revenir au début
Je ne veux pas que tu m’oublies ! C’est dans ta vie que je veux vivre. Tisser ce lien qui nous unie Et vivre encore toutes nos envies. Tu n’étais pas dans mon passé Mais seras-tu mon avenir ? Moi, je ne veux pas te blesser Seulement pouvoir t’apprivoiser. Je ne veux pas que tu oublies Ce qu’à jamais fut ton passé, Mais je te sens si mal aimé Que j’ai envie de te donner. Des nuits d’ivresse, Des nuits caresses, Et ces petits matins tendresse Des mots d’amour Des nuits aux jours, De cet air pur Que tu aspires Parce que Aimer N’est pas impur. revenir au début |
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